L’Art habite la Ville!

Encore en Belgique ? Oui, car après Gand, nous voici à Mons, pour prendre le frais, avec les dernières innovations de cette ville , où le Tourisme  mène la danse, avec son programme d’Art dans la ville de Mons prolongé jusqu’en octobre prochain! Il est tout de même assez rare, en Europe, que ce soient les instances du tourisme qui décident et organisent, alors rendons hommage à ces professionnels qui valorisent la culture !
Petit rappel : Mons, désignée Capitale européenne en 201 5 avait été une réussite, écrivions-nous dans ce petit blog, (billet 22 juillet 2016), car la métamorphose d’une ville donna lieu à un bilan très élogieux de ses habitants et des visiteurs.

AUJOURD’HUI, Mons Tourisme présente l’ « Art habite la Ville », et, avant d’en découvrir le programme,voici une petite « mise en bouche » où nous avons la preuve que le surréalisme de Magritte est toujours présent en Belgique, avec cette petite vidéo rigolote de 2019. Impertinente et présentée par l’Office de Tourisme pour la promotion du territoire : « La Wallonie, Vas-Y ! »

1 :02 minutes – Voici, au cas où,   l’adresse Facebook de la vidéo du 13 septembre 2019

II- LES SUITES DE LA CAPITALE EUROPÉENNE de la Culture ! L’Art Habite en Ville a l’objectif de transformer l’espace public et de rendre la culture gratuite et accessible à tous, comme l’expérience ce Nantes, chez nous.
La Capitale européenne de la Culture et ses acteurs politiques, économiques, sociaux et culturel savaient donc décidé de poursuivre l’aventure avec un nouveau projet (2016-2025), que voici.
C’est encore l’Office du Tourisme de Mons | visitMons qui a présenté cette VIDEO de l’Art habite la ville (2019 )L’art habite la Ville :lien sur Youtube .

0 :31 secondes
Voir aussi la cartographie réalisée par l’Office de Tourisme de Mons, ICI .et les projets pour 10 ans , grâce à la Fondation Mons 2025 ) , avec des artistes comme Oli-B, David Mesguich, Sébastien Lefrèvre, Blanc Murmure Asbl, Blancbec, NOIR Artist, Boris Grégoire et bien d’autres.

III- STREET ART à MONS, la suite ! L’Art Habite la Ville du 15 juin au 31 octobre 2020, à Mons et dans ses villages.
L’Art Habite en Ville intègre cette année 17 nouvelles fresques rejoindront quelque 40 œuvres déjà présentes et parfaitement intégrées au paysage urbain. Le public pourra assister en live à la réalisation de ces nouvelles œuvres.

Résumé du dossier de presse : Écho au circuit Métamorphoses imaginé à l’occasion de Mons 2015, Capitale Européenne de la Culture et dans la lignée de l’exposition Niki de Saint Phalle, des œuvres d’art émergent dans la ville, repoussant les murs des institutions culturelles classiques. Les visiteurs se réapproprient l’espace public ainsi transformé.
L’Art habite la Ville  transforme la cité en un musée à ciel ouvert en y intégrant des œuvres urbaines originales à Mons et dans ses villages … 40 œuvres, parfaitement intégrées au paysage urbain, sont déjà présentes sur le territoire. Des artistes du monde entier ont mis leur créativité au service du centre-ville et des villages du Grand Mons.

CONCLUSION! Pour cette expérience d’art urbain, voici mes trois conclusions :

1-Un événement ponctuel peut-être durable, à condition de  bien en définir les suites avant même qu’il ne commence. Nous avions vu que la préparation de Mons, Capitale européenne de la Culture, tenait compte des « suites à donner« , un peu sur le modèle de Lille 2004, qui devint Lille 3000 et bénéficie aujourd’hui de toute une nouvelle organisation culturelle et touristique;

2- Quand une ville fait appel à ses compétences, c’est à dire des artistes mais aussi ses propres structures pour décider et réaliser des programmes culturels – ici le Tourisme, devenu très compétent! – nul besoin, pour les jeunes, d’aller voir ailleurs : la créativité est reconnue et  toutes les filières municipales mais aussi les entreprises, peuvent en bénéficier;

3- On voit en Belgique, mais cela est aussi vrai à Nantes ou dans toutes les villes qui associent les habitants à leur démarches, que  la participation de ces habitants évite une frontière entre « habitants et touristes », que l’on retrouve, hélas, dans de très nombreuses villes qui, on le voit, souffrent souvent de cet écart, dont les effets sont très négatifs à moyen et long terme (Surtourisme ou  dépossession des décisions pour les habitants, , avec une  politique culturelle et touristique  décidées par en haut,  qui conduisent au fait que les pouvoirs municipaux ou locaux sont de plus en plus contestés par les habitants. Au pire, ils fuient la ville et la « louent », comme à Venise, à d’autres….).

Et vous, qu’en pensez-vous, mes chers amis? Connaissez-vous d’autres exemples de réussites pour un tourisme culturel respectueux de son environnement, à commencer par celui des  petits humains qui l’organisent, tous ensemble?  

Nos sources: voir toutes les infos sur le site de l’office de tourisme de Wallonie Et le lien de l’Art habite la ville 

POUR EN SAVOIR PLUS
Carte Belgique : adaptée de l’anglais par –flayais 27 fev 2005 à 13:52 (CET) 27 février 2005 (date de téléversement originale)Source Originally from fr.wikipedia;

• L’Art Habite la Ville Toutes les photos ici et CONTACTS  avec l’Administration de ce projet :  Fondation Mons 2025 Le 106-Rue de Nimy, 106 – Mons
+32 (0)65 36 20 15 et Visit Mons +32 (0)65 33 55 80-Tourisme et CultureGrand-Place, Mons
7000 Mons, Belgique- Mail. : info.tourisme@ville.mons.be- http://www.visitmons.be/pratique/contactez-nous

Photo de l’artiste belge, du mouvement surréaliste, René Magritte(1898-1967) « Ceci n’est pas une pipe ».                          Huile sur toile 60,33 x 81,12 cm -La trahison des images 1929- -Musée d’art du comté de Los Angeles /-Ce fichier est mis à disposition sous le Creative Commons CC0 1.0 Universal Public-(https://www.flickr.com/photos/sqorda/45867695134).

 

Tourisme en Wallonie : La structure du tourisme en Wallonie Le tourisme wallon est géré par deux institutions principales dont les objectifs et les missions sont complémentaires :Le Commissariat général au Tourime (CGT) est l’administration wallonne du Tourisme . Ses missions sont nombreuses et convergent vers le développement d’un tourisme de qualité. Il renforce la professionnalisation du secteur par ses missions de conseils, de reconnaissances, de labellisations et d’aides financières. Wallonie Belgique Tourisme (WBT) est chargé de la promotion du tourisme wallon en Belgique et sur les marchés étrangers. Le tourisme en Wallonie est par ailleurs composé d’Organismes touristiques qui valorisent chacun un bassin touristique.

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KEN LE TOURISTE PARFAIT avait décidé de préparer Noël ! Il était un peu las de toutes ces difficultés liées à la Covid, et avait envie de tourner la page. Il commanda donc deux gros sacs de coton et les exposa autour de la piscine « pour faire neige »! Barbie, affolée, arriva en courant : « MAIS c’est QUOI,ÇÀ ??? ». C’est surréaliste, répondit Ken, tout guilleret…

Gand, votre Série de l’été!

Au programme  aujourd’hui, le résumé d’une  série de huit vidéos sur la Ville de Ghent ( Gand, en français), en Belgique!  Avec, en passant,  un petit coucou au peintre Jan Van Eyck. Voici son portrait  vers 1390, un assez bel homme mais pas l’air commode! En tous cas  l’un des premiers peintres de la Renaissance (sa bio chez les Wikipedia) mais  je vois que déjà, vous dormez au mot « Renaissance ». Résumons en disant que c’est une grande première, avec des portraits réalistes, un retour à l’humanisme après des siècles où seule la peinture religieuse comptait « pour de vrai ».

Alors, aujourd’hui, disons que Van Eyck sera à l’honneur dans une nouvelle série, Holidayland #1, première vidéo d’une série de balades avec un habitant de Gand, dans sa ville. Suite de notre billet précédent, en quelque sorte : accueil sympathique et visite par un local!

GENT/HOLIDAYLAND est encore une perle de communication pour le tourisme quand il prend la culture dans son coeur. Vous aviez vu dans ce petit blog « La Culture selon vos envies », avec le village de  Moncuq, le 10 juillet dernier.  Voici Gand, ses bons moments, et l’humour de ses habitants, et Jan Van Eyck, le peintre. A la fin des  vidéos, on a très  très, mais très envie d’y partir en vacances! Voici le petit teaser de  l’opération Van Eyck was here  , »Van Eyck est venu ici » suivie par l’une des quatre premières vidéos déjà sorties, durée  pour voir  les deux :  30 secondes et 3,33 minutes!

 

Durée : 30 secondes

I – DONNER ENVIE!

Evidemment, c’est le secret…Et si  la recette est toujours un peu la même, la façon de la réussir est toujours très différente. Voici donc et les ingrédients (I) , et la vidéo (II)!

ANALYSE rapide de la vidéo et de ses ingrédients: 

  • Étonner! Une église, c’est bien, un multimédia flamboyant sur ses murs, c’est mieux.  Un canal, c’est bien. L’Agneau Mystique projeté sur l’un de ses mur mobiles, c’est mieux. Une ville un peu étouffante, c’est difficile, mais quand on voit un bateau et qu’on sait qu’on pourra le conduire…Bref, on ne veut plus rêver de vacances idéales, mais on veut vivre cela.
  • Bonne franquette : le « Venez comme vous êtes! » de Mac Donald était une trouvaille prémonitoire : les bonnes choses de la vie sont  aujourd’hui notre seule attente, notre remède, notre espoir. On ne supporte plus les grincheux?  Ici, les jeunes nous disent qu’ils sont tolérants, ouverts, chaleureux et spontanés. Et qu’ils ont du coeur. « Tous les touristes sont les bienvenus pour profiter, avec nous, de la ville, sans chichis ». Nouvelle référence à la « vie des habitants », qui  veulent bien la partager avec nous : on prend aussi!
  • Eco-tout! Eco Friendly ou Ecologie, éco-balade ou eco-attitude : on peut visiter Gand à pied, à cheval, en vélo, en bateau : mais pas en voiture… C’est drôle, on aura vraiment l’impression d’être en vacances…avec notre guide, le gantois Nic Balthazar.

Durée : 3, 33 minutes (3:43).

  • Adresse de la vidéo au cas où … : https://www.youtube.com/watch?v=P9zaCQPToPohttps://youtu.be/P9zaCQPToPo- 

II- VIDÉO , CULTURE et TOURISME! Les huit épisodes ( 4 seulement sont sortis…) sont tous construits sur le génie qu’était Van Eyck, qui ne fit que passer pour terminer le tableau commencé par son frère, l’Agneau Mystique.

  • Mais peu importe ce court passage, Jan Van Eyck est présent dans toutes les vidéos, comme guideline, fil rouge. Nic Balthaazar, notre habitant-guide,  évoque le passé de Gand, quand la ville, au Moyen-Age, était selon lui l’égale de Paris (« Bon, c’était au Moyen-Age… », rajoute-t-il  -il pour que les parisiens ne soient pas choqués :-))
  • Mais la Culture, à Gand, c’est comme partout: bien sûr il y a  la ville, son architecture, son histoire et   les très nombreux  monuments historiques ou ses musées – celui du Design est fameux! Et pourtant le parti-pris de la série  de huit vidéos « Holidayland à Gand » est celui  d’une culture de  l’art de vivre, celle de ses habitants. Il est rare d’entendre dire « Nous sommes impolis« , dans une vidéo touristique, mais ce sont peut-être les trois mots qui donnent toute sa crédibilité au reste de la vidéo : vous voulez la vérité, la voilà.

POUR EN SAVOIR PLUS  : Le site de « Van Eyck was here « :  http://www.vaneyckwashere.be. Jan van Eyck ,  (1395, Maaseik,1441, Bruges). Et Gand, ville du nord ouest de la Belgique, http://www.visit.gent.be!

———————————-C’est l’été, les Barbie sont de sortie! 

KEN LE TOURISTE PARFAIT  entra enfin dans leur piscine, tout content de barboter dans l’eau rafraîchie par les glaçons… « Mais non, dit Barbie Chérie, d’un air sévère, c’est juste pour faire bisquer les écolos, ce genre de remarque. Arrêêêête, Ken!« . Elle cachait quelque chose derrière son dos. « Voilà, les voyages sont formidables, j’ai trouvé ça en France, un artiste nommé Arman, toutes mes copines sous plexi! Tu aimes? C’est ton cadeau« . Mais comment avait-il fait pour trouver une femme aussi passionnante?    (Oeuvre de l’artiste français  Arman, (1928-2005)-Collection J.Ferrero, expo « Le années Joyeuses, Musée Massena, Nice, 6 juin-15 nov. )

Le Tourisme à l’ère de l’Anthropocène

Les Greeters à l’honneur aujourd’hui, pour  nous parler de la relation Touristes et Habitants ! Après notre billet sur le métier de Pascaline , jeune guide-conférencière,  la parole est à Jonathan Huffstutler, engagé depuis 2012 dans le mouvement des Greeters et qui préside depuis septembre 2019 la Fédération France Greeters (FFG).Rappelons que les Greeters sont un mouvement né aux Etats-Unis en 1992, présent dans plus de trente pays aujourd’hui. Un greeter, pour résumer,  est un guide bénévole qui vous fait visiter gratuitement les villes, quartiers ou tout autre lieu pour lequel ils ou elles ont  une vraie passion! Comme Greet veut dire Hello, disons  Hello l’Anthropocène!  avec Jonathan, que je remercie de nous avoir fait ce beau cadeau! Merci aussi à Demain..Le Tourisme, sur Facebook,   qui a permis notre rencontre. Enfin, vous retrouverez, dans ce billet, les thèmes chers à ce blog, comme l’avance de certains pays par rapport à nos timidités participatives,  (Pays-Bas ou Finlande), ou comme ces  Communs,  très précieux ensemble de choses, d’ idées et de pratiques à partager, entre humains.                                                                                                                                                                                        Le Tourisme à l’ère de l’Anthropocène


Ce terme “d’Anthropocène”, qu’on entend de plus en plus, est utilisé pour “caractériser l’ensemble des événements géologiques qui se sont produits depuis que les activités humaines ont une incidence globale significative sur l’écosystème terrestre”. Si l’être humain est devenu une “force géologique”, à la (petite) échelle du Tourisme, cette époque est à la fois celle du sur-tourisme, où les habitants ne peuvent plus ignorer la menace que cette industrie peut faire peser sur leur bien-être, mais aussi le retour d’un idéal, où l’habitant, acteur souvent inconsidéré des stratégies touristiques mais pourtant essentiel à leur accomplissement, prend enfin la place qui lui revient.Dans cet Anthropocène du Tourisme, on ne pourra plus ignorer le rôle de l’humain, tant dans l’offre que dans la demande. On oppose souvent “touriste” et “voyageur” comme on le fait parfois entre tourisme et culture. Ce bouleversement, qu’il soit pour certains lié au récent Covid ou pour d’autres la confirmation d’une tendance déjà bien installée, est parfois décrit comme la pire catastrophe. Quoi qu’en disent les acteurs traditionnels du tourisme (du moins ceux réticents au changement), soyons résolument optimistes : c’est peut-être aussi le pilier manquant à un Tourisme plus durable.

 I- DU GRAND TOUR AU PATRIMOINE PARTICIPATIF : les habitants comme patrimoine
Si dans l’offre touristique proposée par les organismes de gestion de destination (OGD) l’implication des habitants est relativement récente et toujours assez confidentielle. C’est en partie parce-que leur place n’est pas facile à définir dans le paysage touristique.
Un patrimoine naturel ou un patrimoine culturel bien palpable sont beaucoup plus simples à valoriser ou même à se représenter. Ce sont d’ailleurs ces éléments patrimoniaux qui ont fait naître le mot “touriste” effectuant alors leur “Grand Tour”. Qu’en est-il alors du patrimoine humain que constitue la culture locale, les traditions, l’accent, l’accueil… ? La notion même de “patrimoine immatériel” existe en France seulement depuis… 2003 (Cf. Convention Unesco) alors que la notion de patrimoine culturel “matériel” existe depuis les Lumières.

  • L’habitant n’est pas facile à cerner, car il a un rôle au moins deux fois plus complexe qu’un touriste :

Un visiteur consomme des services (consommateur) et peut aussi parfois les recommander à d’autres (influenceur). Notre industrie touristique s’est donc construite autour de cela : faire venir des visiteurs, essayer de les satisfaire pour qu’ils reviennent et idéalement qu’ils fassent à leur tour venir d’autres personnes. Ce modèle simple avait pour objectif clairement, de générer des retombées économiques principalement puis (nettement à la marge) des échanges culturels avec nos visiteurs.
– L’habitant, lui, a 5 “casquettes” ! Il participe (activement ou non) à l’accueil sur la destination et constitue par sa seule interaction avec les visiteurs un critère d’attractivité du territoire. Il est le premier consommateur de prestations touristiques / culturelles et génère en volume le plus de retombées (toutes destinations confondues). Moins cher et plus rapide à toucher, plus facile à fidéliser, c’est un client idéal. Même si son panier moyen est généralement plus faible qu’un touriste, il compense cela par un nombre de “prospects” considérablement plus important.
Il est (consciemment ou non), influenceur. Nous sommes 80% à nous dire influencés par des recommandations de personnes que l’on connaît (46% par une publicité TV). Ce fameux “bouche à oreille” est,  en rapport coût/retombées,  encore imbattable. Enfin, qu’ils soient marchands ou non, l’habitant offre aussi des services. Il invite chez lui, il renseigne, il accompagne, il partage un savoir-faire… Que cela soit ses propres amis/famille venus en séjour ou des visiteurs inconnus de passage, les services offerts par les habitants sont considérables. Vous en doutez ? Par exemple, saviez-vous qu’environ 2-3 des nuitées touristiques en France ont lieu chez des parents/famille, des amis ou en résidences secondaires ? Si le même calcul pouvait être fait sur la restauration, le transport ou les activités, on se rendrait compte que nos touristes (ceux qui passent plus d’une nuitée hors de chez eux) ont beaucoup plus de chances d’être “servis” par des habitants que par ceux qui sont considérés comme représentant l’industrie touristique.
Ah, oui, j’oubliais, ce super-habitant, qui s’implique malgré lui dans l’économie touristique… il est aussi citoyen ! Il vote, il paye par ses impôts les infrastructures, il décide plus ou moins directement de la part que le tourisme prend sur les autres activités… Toutes de bonnes raisons pour les organismes institutionnels du tourisme et de la culture de s’intéresser aux habitants,  non ?

-Allez, c’est peut-être prétentieux, mais puisque vous avez lu jusque là, poussons encore plus loin.

Les habitants sont légitimes à participer au tourisme et à la culture, sinon plus, du moins tout autant que les professionnels du secteur. Pourquoi ? Parce-que c’est un droit fondamental !
En effet, il y a 15 ans, en 2005, la convention-cadre du Conseil de l’Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (convention-cadre dite “de Faro”) faisait évoluer la définition même de patrimoine culturel.  Cette convention  encourage à prendre conscience que l’importance du patrimoine culturel tient moins aux objets et aux lieux qu’aux significations et aux usages que les gens leur attachent et aux valeurs qu’ils représentent. Elle considère également que la connaissance et la pratique du patrimoine relèvent du droit du citoyen de participer à la vie culturelle tel que défini dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Une révolution ! La valeur du patrimoine culturel n’est donc plus déterminée par des scientifiques experts mais par l’importance que “les gens” (habitants comme touristes cette fois) leur attachent. Le patrimoine culturel est donc bien vivant et non figé à jamais, mais il court aussi le risque de disparaître plus facilement que s’il se résumait uniquement aux classements des inventaires patrimoniaux. Dans cette convention de Faro, les habitants peuvent aussi être considérés comme “communauté patrimoniale” eux-mêmes à préserver, car porteurs et transmetteurs d’un patrimoine culturel immatériel.

    • Cette vision dérange, voire inquiète les professionnels. On parle “d’Uberisation”, de “concurrence déloyale” des habitants sur des acteurs marchands qui n’ont pas de moyens de se défendre. C’est parfois vrai, mais il ne faudrait pas considérer pour autant que le tourisme participatif ou collaboratif n’ont pas aussi leur place. Par peur de voir les acteurs traditionnels du secteur s’indigner, les institutionnels ont pris un considérable retard sur une tendance qui, à tort,  a été jugée comme une mode mais qui a désormais complètement bouleversé l’organisation du tourisme. Cette situation de flou, où la demande des touristes exprimait un besoin de “vivre comme un local” sans que les organismes officiels n’aient d’offre ou de promotion correspondante,  a laissé le champ libre aux plateformes (elles-même souvent soutenues par des investisseurs étrangers). D’un tourisme que l’on disait “non délocalisable”, ce sont des français qui se sont mis à accueillir davantage des visiteurs et des retombées générées de 15% à 20 % à l’étranger. Un pays a finalement plus intérêt d’accueillir très peu de visiteurs sur son territoire (préservant sa ressource) et toucher les dividendes d’un tourisme extérieur, sans même à avoir à investir dans des infrastructures.
      Il y a un risque de sur-tourisme bien sûr, car pourquoi ralentir la promotion de destinations qui rapportent (Venise, Barcelone, Dubrovnik…) ? En proportion, la part d’habitants se réduit et celle des touristes, elle, n’a plus de limites. Plus personne pour l’arrêter… à moins d’une crise providentielle ?

S’il n’y a pas de sens à opposer secteur marchand et non-marchand (cf article) il faut, pour que le tourisme soit durable, qu’ils s’articulent harmonieusement. Il y a un risque autrement de privatisation des “communs”. Un exemple ? Là où il y a peu le co-voiturage était principalement une pratique non-marchande, c’est aujourd’hui devenu une pratique principalement commerciale. Donner un quasi-monopole au secteur marchand pour l’accueil de nos visiteurs nous fait courir le risque de voir les bienfaits originels du Tourisme nous échapper.
Il y a donc urgence à ce que la France prenne à bras-le-corps ce sujet et “investisse”,  au niveau institutionnel, dans ses habitants  à la hauteur de l’enjeu que cela représente pour le tourisme de demain. Si les nouvelles pratiques touristiques impliquant les habitants font peur, en bousculant les professionnels, il vaut mieux accompagner cette tendance pour mieux contrôler son évolution.

II- DES DESTINATIONS QUI INNOVENT, GRÂCE A L’HUMAIN Je vous sens inquiets… mais non, mais non, ce fameux “Tourisme de Demain” dont on nous parle, il a déjà commencé !
Pour lister quelques initiatives eu Europe, la Finlande ou les Pays-Bas ont déjà une longueur d’avance…         En France, certains territoires inspirés ont déjà commencé à tester de nouvelles formes d’accueil, de nouvelles offres, impliquant les habitants et les montrant (enfin) à nos chers visiteurs.
– Bien que n’étant pas l’unique solution, je me sens obligé de vous parler des “greeters”. Oui, ce mouvement d’habitants bénévoles, sans doute utopiques, qui se sont mis pour mission d’accueillir nos visiteurs comme ils le feraient avec leurs amis ou leur famille. Si le terme est anglo-saxon (le concept vient de New York), saviez-vous que la France, est le premier pays “greeters” ? Cette communauté patrimoniale, porteuse d’un patrimoine immatériel, ce sont certes 1500 habitants passionnés dans une centaine de destinations en France, mais ils accueillent en réalité 2 à 3 personnes en moyenne tous les 2 mois… Leur véritable valeur demain n’est-elle donc pas dans leur rôle d’ambassadeur ? Des ambassadeurs non-virtuels cette fois mais qu’on peut en plus rencontrer IRL (“In real Life”) ? Les territoires (Offices de Tourisme, Agences de Développement Touristique) l’ont bien compris et s’en servent aujourd’hui comme argument supplémentaire d’attractivité.
Bien sûr l’attractivité du territoire n’est pas aussi simple à mesurer que des retombées directes, mais il faut rompre l’idée que les contributions altruistes ou non-marchandes des habitants ne génèrent pas de valeur (voire la détruisent !) sous prétexte qu’elles sont gratuites. Je vous conseille cette présentation de Joël Gayet si vous n’en n’êtes pas convaincus.
– Une récente étude en Auvergne Rhône Alpes (Région du “Tourisme Bienveillant”) a révélée que 45% des habitants étaient prêts à s’impliquer davantage dans le tourisme (!) un potentiel incroyable pour atteindre des objectifs visés depuis longtemps : diversification de l’offre, dispersion des flux, dé-saisonnalisation, allongement de la durée de séjour, positionnement (à la fois la “raison d’être” de sa destination que pour se différencier des autres). Toutes ces stratégies durables permettent d’attirer non seulement du monde… mais les bonnes personnes !

III- DEMAIN,  L’ HUMAIN AU SECOURS DU VOYAGE?
Qui sait de quoi demain sera fait ? Néanmoins, on peut penser que dans cette nouvelle ère touristique, les habitants (de manière marchande ou non) joueront un rôle déterminant dans la création de valeur des territoires. Non seulement ils produiront toujours plus de services culturels & touristiques mais nos “smart destinations” auront aussi compris qu’intégrer les données des habitants dans promotion touristique est un véritable Eldorado.
Faire “Moins mais Mieux” en s’appuyant sur le local n’est pas juste un souhait. C’est une nécessité pour le Tourisme. La sobriété touristique sera soit voulue (sorte de “sobriété heureuse” du voyageur) ou alors contrainte par l’effondrement (des écosystèmes, de l’économie, des conditions sanitaires ou du contexte géo-politique). Certains brandissent la peur de “la fin du tourisme” (ou alors seulement « réservé à une élite »), mais le voyage, cet état d’esprit qui nous fait nous évader de notre quotidien, lui, continuera d’exister si nous prenons conscience de l’importance de l’humain. Se dépayser en allant à la rencontre de l’autre non pas au bout du monde mais au bout de sa rue apparaît alors non plus comme une utopie mais comme du bon sens.

QUI EST JONATHAN ?
Jonathan HUFFSTUTLER est passionné des questions relatives au tourisme durable et plus particulièrement de la relation entre visiteurs et habitants. Il est engagé depuis 2012 dans le mouvement greeters et préside depuis septembre 2019 la Fédération France Greeters (FFG).
CONTACT : jonathan@greeters.fr
Jonathan HUFFSTUTLER
Président, Fédération France Greeters – M: 06 52 49 76 34 – E jonathan@greeters.fr – W greeters.fr
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KEN LE TOURISTE PARFAIT commençait sérieusement à s’inquiéter…Il appela Barbie Chérie : « Si les  Petits français venaient à nous copier, par ex. avec les Greeters, j’ai peur que l’on perde  une bonne longueur d’avance, non?  Il faudrait ruser, et empêcher ces « invitations « , sur CE  blog, de jeunes,  jolis et intelligents garçons, comme ce Jonathan! » . Barbie, une fois encore, ne fut pas s’accord…