Musées et tourisme!


Musées et tourisme, tel est le titre de la super belle Revue des Musées suisses que j’ai reçue il y a quelques jours et qui est pleine de surprises, de bonnes pratiques et de conseils experts pour nous aider à trouver le « Potentiel et les facteurs de succès » de ce rapprochement. Comme d’habitude, les Suisses sont excellents, sachant ce dont on a besoin de savoir, et l’exposant de façon agréable.
♦Je vous résumerai donc les sujets évoqués, pour vous donner envie d’aller plus loin en lisant la revue (pdf joint) et, pourquoi pas, de vous abonner à cette Revue professionnelle, car ce qui est bon pour les musées suisses l’est aussi pour tous les musées du monde! Et ce qui est bien pour les musées l’est aussi pour les monuments, les salles de spectacles ou les centres historiques des villes !
– Deux remarques : la liste des « choses à faire » et partenariats à créer peut s’adapter, à mon avis, à de tous petit musées ou autres collections, comme à des plus gros établissements. Elle sera utile à des musées urbains comme à des écomusées ou petits musées de montagne. Les très bons exemples-clefs de musées suisses, choisis pour illustrer des démarches, en témoignent, avec une fiche très intéressante sur leurs points forts ! !
– Enfin des recommandations et une très bonne « To dop List » récapitulent toutes les pistes suggérées pour mieux exploiter le potentiel touristique des musées et prendre le pouls des publics et de leurs comportements! A certaines conditions, bien explicitées, le succès sera au rendez-vous, avec ces idées à travailler en attendant le retour de la fréquentation.
I- PLACE DES MUSÉES DANS LA VISITE D’UNE DESTINATION Selon le Monitoring du Tourisme Suisse, les valeurs culturelles sont, comme en France, une très forte motivation du voyage pour la Suisse, à commencer par les suisses, eux-mêmes lorsqu’ils sont en voyage en Suisse! « Plus de 70 % de la population suisse visite au moins une fois par an une institution culturelle et plus de la moitié souhaiterait le faire plus souvent ». Les musées participent aussi à mieux faire connaître une région ou une ville, s’immerger dans son histoire, ses traditions et son environnement naturel.
Quelques recommandations :
UN MENU CLAIR ! Tout musée devrait annoncer ce qui le caractérise, ses points forts (collection, thématiques abordées, ambitions…) et ce qu’il a et que les autres n’ont pas (« Son positionnement », en langage marketing). « Les valeurs culturelles propres à ce lieu sont autant de caractéristiques déterminantes pour la promotion touristique de la destination »
DES EXPOSITIONS qui s’adressent à chacun! La visite sera un véritable coup de cœur si les expositions, permanentes ou temporaires, ont des modes de présentation adaptés à chacune et chacun. Le public souhaite vivre quelque chose d’unique, soit parce que les pièces exposées impressionnent ou surprennent, soit parce que la démarche est originale ou encore parce que le sujet traité touche au niveau personnel et émotionnel. Une scénographie interactive attractive, multi-sensorielle peut « impliquer chaque visiteuse et visiteur et son univers propre ».

Réseau des châteaux (Thun)

•DES EXEMPLES DE RÉUSSITE EN SUISSE, qui décrivent les autres sources de succès : quartiers créatifs, ou partenariats exceptionnels, tous les exemples sont analysés en fonction des synergies possibles, mais pas seulement « entre lieux de culture »comme le Musée du chemin de fer Albula, à Bergün entièrement dédié à la construction et l’exploitation du chemin de fer. En s’affichant comme «village ferroviaire», Bergün /Bravuogn soutient ce positionnement, avec d’autres offres sur le thème qui est devenu l’axe de sa communication avec des synergies qui renforcent cette image.
Plateforme 10, à Lausanne, est aussi un un immense projet culturel qui vise à développer à Lausanne, depuis dix ans, une véritable plateforme artistique, pluridisciplinaire et ouverte sur le monde. Elle est d’ailleurs devenue un quartier des arts et de la création grâce au réseau des musées : Le Musée cantonal des Beaux-Arts, Musée de l’Élysée et le Mudac, – musée de design et d’arts appliqués contemporains. Comme à Vienne et d’autres quartiers créatifs européens, des boutiques et restaurants ou bars se sont installés, permettant la balade, des rencontres avec l’art et l’architecture contemporaine..

II- LA TO DO LIST ! Collaboration entre musées et secteur du tourisme Cette liste énumère chaque élément qui contribue au succès d’une collaboration entre les musées et les acteurs du tourisme (destinations et prestataires de services).Tâches
1- Tâches partagées entre musées et secteur du tourisme
¨ Apprendre à se connaître et créer des réseaux personnels (par ex. organiser régulièrement des rencontres d’échange, présenter les nouveaux membres du personnel, etc.)
¨ Préciser vos rôles et vos attentes, le qui-fait-quoi, et ce qui peut être valorisé ou commercialisé (culture, attraction, découverte, points forts, etc.)
¨ Mettre en commun les moyens de communication (Conférences et communiqués de presse ; présence aux salons professionnels…¨
Développer des offres conjointes (par ex. offres forfaitaires regroupent diverses prestations comme, par exemple, le séjour à l’hôtel et la visite d’un musée ou les transports publics et l’entrée dans un musée. […]Ils sont souvent source d’inspiration et donnent aux hôtes une idée de ce qu’ils pourraient faire et peuvent être recommandées à des amis.
¨ Impliquer les deux parties au niveau stratégique
2- Tâches des musées
¨ Répondre aux attentes de la clientèle tout au long de la chaîne de services
¨ Former le personnel* au développement des produits touristiques
¨ Adapter les offres et les actions de communication destinées aux touristes
¨ Développer des offres avec d’autres prestataires touristiques
¨ Respecter les consignes du CD/maquette de la destination touristique
¨ Informer les acteurs du tourisme et en faire des ambassadeurs, par exemple:
– au moyen de fiches d’information sur les caractéristiques et les offres du musée
– par des informations préalables sur les expositions, événements et offres organisées
– en fournissant des textes et des visuels concernant les expositions, activités ou manifestations
– en envoyant des billets gratuits, des invitations à un vernissage ou à une manifestation
– par des visites guidées gratuites ou des visites spéciales, notamment des nouvelles expositions
– en fournissant des brochures, des supports publicitaires et du matériel d’information sur le musée * par ex.: personnes travaillant dans la branche touristique, dans les offices de tourisme, hôtels, restaurants, entreprises de transport, ainsi que les guides et les fournisseurs d’autres offres.
3- Tâches du secteur du tourisme
¨ Encourager les collaboratrices et collaborateurs à visiter le musée, les informer sur le musée et ses collections
¨ Utiliser le musée et sa spécificité à des fins de positionnement et intégrer le musée dans la stratégie de promotion en tant que destination
¨ Inclure le musée et ses offres dans les dispositions à prendre en matière de communication ¨ Intégrer le musée dans la carte d’hôte et les offres touristiques
¨ Retenir le musée comme site privilégié d’événements particuliers
¨ Intégrer un volet «culture» à l’offre touristique pour y inclure les musées

Ballenberg (Suisse)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III- HUIT EXEMPLES DE MISE EN PRATIQUE !
Pour bien démontrer leurs préconisations, les acteurs de la revue ont choisi d’illustrer leurs recommandations avec des études de cas bien concertes de musées suisses qui les ont mises en œuvre, et c’est vraiment très passionnant à lire ! Bahnmuseum Albula, Bergün/Bravuogns ; Espace Horloger, Le Sentier : Plateforme 10, Lausanne ( cf ci –dessusdans mon Museo Regionale delle Centovalli e del Pedemonte, Intragna ; Musée valaisan des Bisses, Botyre ; Forum de l’histoire suisse Schwytz ; Ballenberg – Musée suisse en plein air, Hofstetten bei Brienz ;Musée d’Argovie ;, très intéressante’ coopération entre cinq châteaux (Thoune, Hünegg, Oberhofen, Schadau et Spiez) Thunersee Schlösser
Le mot de la fin ? « L’activité touristique contribue au maintien de l’offre culturelle et la demande des touristes augmente l’intérêt des offres culturelles existantes aux yeux de la population locale ».

POUR EN SAVOIR PLUS !
LIRE TOUTE LA REVUE SUR LE PDF ! Le lien!
♦EDITEUR L’Association des musées suisse est soutenue par l’Office fédéral de la culture. Cette publication a été réalisée en collaboration avec le groupe de recherche de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) pour le tourisme et le développement durable à Wergenstein et a bénéficié du soutien financier de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales.
COMPLÉTER avec mon ouvrage !  LE TOURISME CULTUREL, Evelyne Lehalle
Numéro 700 Culture, Economie, Tourisme- Un ouvrage de Mme Évelyne Lehalle -avril 2018
ISBN13 : 978-2-8186-1401-3—ISBN version numérique : 978-2-8186-1402-0, à télécharger
132 Pages. Voir le sommaire et acheter en ligne, ICI!
– Relire, des L’AMS, aussi : MUSÉES ET NUMÉRIQUE / La pratique muséale numérique ; une approche globale  Le document est divisé en chapitres :La stratégie numérique ;Les utilisateurs et utilisatrices au centre ; Relier les contenus et Le processus de développement pour des projets numériques

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Vous les reconnaissez?

KEN LE TOURISTE PARFAIT  adorait ces billets réguliers sur la Suisse! Pays parfait, pays aux banques replettes, pays démocratique, décentralisé, que fallait -il de plus pour plaire à notre Homme d’Affaire américain? Barbie Chérie aimait évidemment tous les musées, les artistes et les villes ultra branchées, comme Zurich, mais aussi les Hôtels et palaces hors du commun. Un bonheur à venir et ils se le jurèrent : prochain voyage : la Suisse! 



 

Photos :  L’exposition inaugurale du Musée cantonal des beaux-arts: Atlas. Cartographie du don.:
Auteur Christophe95, 22 novembre 2019, 11:50:34 Wikimedia Commons, le référentiel multimédia gratuithttps://commons.wikimedia.org/wiki/User:Christophe95
Collaborations et échange d’informations : ce point est, en conclusion, extrêmement bien présenté, soulignant la complexité de créer un réseau quand tout semble opposer «Tourisme et Musées (. Les missions et modes de fonctionnement des musées diffèrent passablement de ceux de la branche touristique.)
Principaux acteurs du partenariat Tourisme local ou national ‘Fédération) pour les musées Musées, d’autres institutions culturelles, entreprises ou sponsors de la Culture locale : les professionnels de la promotion, de la vente et de la communication ; les hôtels, restaurants et entreprises de transport ou guides.
Musée de Ballenberg, Musée suisse en plein air Ballenberg, situé entre Brienz et Meiringen dans l’Oberland bernois, vise à présenter l’habitat rural traditionnel des différents cantons suisses. Par Virginia Teager sur flirck https://www.flickr.com/photos/v_teager — https://www.flickr.com/photos/v_teager/2232241908/sizes/o/, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7416327
• Photo du chateau deThun : CC BY-SA 3.0Hinweise zur Weiternutzung- File:SchlossThun 6385.jpg – 10. September 2006

Quand la Culture joue collectif !

Avec la crise, on a tous besoin de réexaminer nos façons de voir et d’agir, et, du coup, de nouveaux sujets, constats, réflexions apparaissent et s’expriment collectivement. Aujourd’hui nous verrons ce qu’il se passe à Bordeaux, à Brest et au Pays nantais. Mais un peu partout dans les régions  et dans d’autres pays, des Manifestes, Rencontres et Forum ont lieu pour partager des avis et proposer des changements pour la Culture (Ses Lieux, ses financements, ses pratiques, ses offres, ses publics et…ses décisions !) : le Forum des Acteurs culturels de Bordeaux et Super Brest 2020 ont tous les deux cette ambition de changement d’un modèle essoufflé, trop vertical.
La Culture a mis du temps à bouger? Oui ! Alors que toutes les propositions du rassemblement Demain…Le Tourisme (Tourmag) auquel nous participons, est en pleine vitesse de croisière et compte encore de nombreux petits nouveaux qui viennent frapper aux porte de ce Forum de la prospective et d’idées, la Culture semblaient un peu ébahie, endormie. Aujourd’hui les acteurs et élus de ce secteur culturel se mobilisent, avec de nouvelles idées pour mieux le refonder. Les deux secteurs – Tourisme et Culture – sont sans doute les plus sinistrés par la pandémie, ces quelques rayons de soleil venant aujourd’hui de la Culture pourront sans aucun doute aider à sa nécessaire refondation, qui peut déjà commence!(Photo : « Marathon créatif pour Fabriquer la ville -Design de l’affiche :Guillaume RUIZ)


I- BORDEAUX et son COLLECTIF CITOYEN Après de nombreuses réunions, un « collectif citoyen pour les arts et la culture » appelé Forces Vives, vient de signer un manifeste. Ce collectif demande à la Ville de Bordeaux de les associer à la conception et l’organisation du « Forum des acteurs culturels », annoncé en janvier 2021, et d’inviter d’autres services et collectivités. (Source:Article de Rue89, Par Walid Salem publié le 02/10/2020 ).  Où l’on applaudit, au passage, les bordelais,  qui, en choisissant un nouveau maire, en mars dernier, on préféré une nouvelle liberté, de l’intelligence collective et redevenir créatifs. Un grand, un très grand changement avec la très classique (et un peu ringarde…) politique culturelle de l’ère Juppé !

1- BORDEAUX : MANIFESTE et APPEL pour le FORUM DES ACTEURS CULTURELS pour relancer la culture
Ce Manifeste à Bordeaux appelle à « faire ensemble » pour relancer la culture à Bordeaux
Car « faire ensemble » est encore la meilleure manière de faire connaissance avec tout ce qui participe au développement culturel:
« Il nous semble en particulier, important et emblématique, qu’au-delà de la Direction des Affaires Culturelles, d’autres services et élu.es de la Ville et de la Métropole y soient associé.es : solidarités, urbanisme résilient, habitat, économie sociale et solidaire, nature en ville, défi climatique, politique de la ville… » Et le Collectif souhaite « que ce temps d’échange et de co-construction soit mené en concertation avec l’ensemble des partenaires publics du territoire, Département, Région, État ».
En conclusion : « Une nouvelle ère pour la création et les expressions culturelles s’ouvre à Bordeaux, nous en sommes conscient.es, puisse-t-elle permettre à cette ville de devenir autant une vitrine qu’un réel vivier pour nos artistes et nos citoyens. »
♦ Jusqu’à la fin de l’année 2020, Rue89 Bordeaux proposera donc aux acteurs culturels bordelais et métropolitains de partager leurs difficultés liées à la crise sanitaire, et de leur donner un outil pour proposer leurs solutions ou exprimer leurs besoins.  . L’objectif de cette initiative indépendante est de remettre une synthèse des contributions à la mairie de Bordeaux pour le Forum des acteurs culturels annoncé en janvier 2021.Si vous voulez suivre le calendrier des débats, l’excellent journaliste Walid Salem rend très bien compte de ces évolutions sur Rue89Bordeaux. Pour s’exprimer, les acteurs de la vie culturelle peuvent aussi envoyer des petite tribunes libres, et nous avons retenu cette l’Anne Reynaud.
2- Le témoignage d’ Anne Reynaud, qui livre son témoignage et ses propositions à l’appel de Rue89 Bordeaux en vue du Forum des acteurs culturels à Bordeaux, en contribution pour les débats et les réflexions sur la politique culturelle locale. (Témoignage publié le 15/10/202 sur les réseaux)0
Anne Reynaud est  chargée de production et diffusion et elle  accompagne depuis 25 ans des artistes dans leurs créations et actions d’éducation artistique pour le jeune public, sur les réseaux sociaux. Elle commence donc, sans son texte, par résumer tout ce qu’elle a déjà vécu : les succès, bien sûr, mais elle a aussi vu : les subventions stagner ou se réduire, les «appels à projets » la course aux budgets pour y répondre et créer toujours plus avec de moins en moins ; la multiplication des dispositifs, des démarches administratives ou de bilans chiffrés, qui prennent du temps au travail de création. Extraits :
« J’ai observé le zapping permanent qui interdisent de programmer trop souvent les mêmes artistes, compagnies ». Elle est épuisée, comme bon nombre de ceux qui épuise  toute leur énergie dans la fabrique de ces fameuses saisons culturelles ».Et si l’après était différent ? interroge-t-elle, avec une dizaine de propositions de changement à la clef : Favoriser les séries longues de représentations ;les temps de résidence et de réflexion ; éviter l’éparpillement des subventions ou d’exiger la « nouveauté à tout prix » et le clef en mains, etc…  elle souhaite aussi  un retour à la spontanéité, aux coups de cœur, à des temps consacrés à l’écoute, à l’échange, à la construction d’une vraie complicité entre artistes et programmateurs  et des  propositions techniques sont évoquées pour parvenir à ces fins et à d’autres(Voir son texte, complet, ici, sur « Rue89Bordeaux)

II- BREST, avec Super Brest 2020, 27-29 novembre, se présente comme un festival d’inventivité pour imaginer la ville de demain! En 2020 comme chaque année depuis cinq ans, Super Brest est le rendez-vous incontournable de celles et ceux qui désirent changer la ville pour un monde meilleur. On aimerait que, pendant notre pause Covid, de telles mobilisations puissent avoir lieu un peu partout. A Brest, ce forum durera deux jours pour imaginer et fabriquer  » tous ensemble » ce qui constituera la ville de demain, sur des thèmes libres : art, sciences, développement durable, urbanisme, énergie, climat, éducation, handicap, emplois, bien-être…. avec des objectifs de développement durable . Voir le site de Super Brest  et mail :contact@forces-vives.org Voir aussi, en ligne : Collectif pour une transition citoyenne au Pays de Brest  

♦Ce qui nous plait, enfin, c’est que, comme à Bordeaux, Super Brest est ouvert à tout le monde, de l’usager au spécialiste : étudiant·e·s, personne de tous âges, membres d’association, salarié·e·s d’entreprise, personnels des collectivités, enseignant·e·s, chercheuses et chercheurs, retraité·e·s…
POURQUOI MULTIPLIER CES RENCONTRES? Nous sommes héritiers, en France, d’une lourde centralisation des décisions. Donc, à mon avis, tout territoire dont les élus , au moins, laissent s’organiser de tels rencontres et dialogues , montre que ses élus ont confiance dans leurs habitants, qu’ils croient à leur inventivité et espère des idées des plus jeunes, pour réussir leurs rêves (et qu’ils ne quittent pas leur territoire!). Après, viendront le temps des bilans de ces rencontres, du « faire » et de la mise en œuvre ce qui aura été proposée et admise, validée par le plus grand nombre.
Bref, encourageons ces débats, ces projets d’avenir pour demain, ces redéfinitions de nos organisations, de nos politiques, de ceux qui ont, ou non, selon les villes ou régions, le droit de s’exprimer.(Pour en savoir plus, Voir aussi l’article de Bretagne Créative)

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III- CONCLUSION en attendant la suite de ces événements  : tout au long de ces dernières décennies, on assistait à une sorte d’achèvement de la promesse des politiques culturelles publiques des années 70, avec le maillage de la France en équipements et pratiques culturelles. Plus de 8000 musées, 40 000 lieux de patrimoine recevant du public (ERP), de nouvelles médiathèques, des «Tiers lieux avec « un peu de tout ». Pour les financements, le succès global des équipements et événements culturels faisait croître sans cesse le déficit croissant des organismes culturels. (Cf la vieille loi dite de Baumol : dans le spectacle vivant, plus l’activité croît, plus elle coûte cher !
Pourtant, le vrai danger de « disparition » des sites et professions culturelles menace, en France: toutes collectivités, aujourd’hui, vont devoir faire de économies, et les filières culturelles seront frappées les premières par la précarité à venir, en tant que secteurs qui, plus que d’autres, dépendent des subventions publiques.(Source : un texte inspirant : The Conversation : une excellente présentation de la place de la culture dans les dernières élections municipales
♥Espérons aussi que les ministres assureront, au lieu de rassurer, lors des Etats Généraux des Festivals,(Communiqué de Presse, ICI) Assurer, aujourd’hui , pour un ministre, c’est d’abord écouter et comprendre les citoyens, dialoguer, argumenter et les faire participer à la décision ! (Ce n’est pas, ce ne devrait plus être, jamais, ce « OK, je vous ai entendu , je file à mon bureau et VOUS donnerai ma décision LA SEMAINE PROCHAINE ».
Et que, pour les professions, de bons Forums comme celui de Nantes, Entreprendre dans la Culture, /, feront connaître leurs avis, leurs propositions, set seront associés à toutes les décisions les concernant ; La nouvelle démocratie participative (Bordeaux ou Brest) doit aussi gagner les décisions de l’Etat.

Et vous, mes amis, avez-vous des informations ou des désirs de lieux, Rencontres, débats, Forum ou autres, axés vers le changement pour ce que nous faisons dans le Tourisme, la Culture ou le Numérique ? Faites-nous en part sur les réseaux, ou dans les commentaires de ce petit blog ! Merci et belle fin de semaine à tous !

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Ken et Rêve de Noël

KEN LE TOURISTE PARFAIT a pris une vraie punition, hier! Et oui, chères Fan de Ken, Môssieur Ken a été grondé, pour la première fois de sa vie! Et, pire : Barbie Chérie ne l’a même pas défendu! En cause? D’abord Ken m’avait volé le fabuleux ouvrage que les Suisses m’ont envoyé, Musée et Tourisme, dont je vous parlerai la semaine prochaine. Ensuite parce qu’il l’avait caché, pour le lire « avec ses potes ». Mais quels potes? Vous savez, vous ? Vivement que le Tourisme et la Culture reprennent, mes amis, je ne le tiens plus, le Gamin !

Le Tourisme de demain : Pays-Bas et Italie !

Tourisme et Perspective 2030 est l’une des plus belles réflexions qui existe aujourd’hui, à mon avis, sur l’avenir du tourisme! Bien davantage que  des petits projets éparpillés, il s’agit d’un travail réalisé par plus de cent personnes, en photo ci-dessous, aux Pays-Bas. Ces professionnels  ont rédigé ce document éblouissant qui définit un « Nouveau Tourisme », plus proche des gens, construit grâce à une vraie coopération entre eux, les habitants et les entreprises. J’avais juste évoqué cette Agence du Tourisme  dans un billet en novembre dernier « Amsterdam, marie-toi et marche! » et voici l’ingénierie, plus en détail, en ces moments ou « Demain » ne sera pas  comme avant et où il est utile, pour se préparer,  de collectionner les meilleurs exemples du monde!

♦ Objectif : changer les stratégies, élargir les territoires et les partenaires, créer de nouvelles offres, et faire que, enfin, le tourisme rapporte à tous les habitants, pour la première fois!
L’idée, la vision des néerlandais est partie de la nécessité impérieuse de transformer complètement le tourisme néerlandais, d’ici 2030, suite à la sur-fréquentation d’Amsterdam ces dernières années. Les touristes y affluaient pour consommer des offres qui enrichissaient surtout les entreprises (Hôtels, restaurants, transports locaux, boutiques, plateformes – Airbnb et TripAdvisor et Google Tri)p. Les Néerlandais de l’agence nationale du tourisme, NBTC, en ont conclu que, comme partout, leur modèle économique avait toujours marginalisé le rôle des habitants et ils ont décidé qu’il  fallait maintenant tout inverser afin que les habitants deviennent prioritaires et « leaders » de l’organisation, de la construction et de la commercialisation des offres!

DES PARTENAIRES Si ce texte est né à partir de la ville d’Amsterdam, car il fallait intervenir d’urgence avant qu’elle ne devienne complètement invivable, très vite, en 2019, toutes les villes et lieux d’intérêts proches de la ville ont rejoint le projet, en travaillant tous les bouts de la chaine : moins concentrer les touristes à Amsterdam, c’était faire découvrir de nouvelles destinations ailleurs, aider ces nouvelles villes ou de nouveaux lieux intéressants à devenir de nouvelles étapes de qualité. Et choisir ensemble quels touristes que l’on voulait accueillir!

♦ OBJECTIF : les habitants d’abord, et des intérêts partagés !
L’idée de départ de l’équipe aux nombreuses professions, fut de remettre au centre les habitants, de façon durable car ce sont eux qui avaient souffert le plus du surtourisme, c’était donc à eux, pour que cela ne recommence pas, de parler, d’être écoutés, de donner des avis, de proposer des solutions, et d’exiger le changement. L’ Agence NBTC avait toujours privilégié les touristes, n’avait pensé qu’à eux, à les choyer, à les étudier, à les satisfaire. Ils avaient si bien fait et réussi que les touristes  avaient envahi leur pays . Il fallait donc tout inverser : partir plutôt des habitants, de ce qu’ils leurs diraient, puis et étudier, avec eux, toutes les nouvelles formes de tourisme qui ne les dérangeraient pas.
MORCEAUX CHOISIS !
1- Définition : les Pays-Bas ont voulu trouver grâce à une nouvelle forme de tourisme, qu’ils définissent ainsi : une solution pérenne qui agira comme un facteur contribuant à la solution des problèmes sociaux créés par le tourisme et qui aura un impact sur notre prospérité et notre bien-être, afin que chaque citoyen néerlandais bénéficie du tourisme d’ici 2030 ».
2- Les thèmes les plus importants recueillis après les débats furent regroupés en quelques projets prioritaires:
· Renforcer l’identité néerlandaise;
· Améliorer l’habitabilité;
· Réaliser nos objectifs de durabilité;
· Créer des opportunités d’emploi.
♦Les intérêts de toutes les parties prenantes, à savoir les visiteurs, les résidents et les entreprises du tourisme , ont été combinés dans ces thèmes. Pour faire des Pays-Bas une destination pérenne, nous devons déployer des activités qui contribuent aux intérêts communs de ces trois groupes[…]
« Le tourisme nous donne beaucoup. Il élargit notre monde et, en voyant notre pays à travers les yeux des autres, le tourisme fait que nous sommes fiers des Pays-Bas. Le tourisme est aussi bénéfique en termes économiques. »
♦Prioriser les intérêts des résidents
« Les Néerlandais sont ce qui fait les Pays-Bas. Ce sont les ambassadeurs les plus importants du
pays dans lequel ils vivent. Sécuriser le support pour le tourisme des populations locales est crucial.
Il y a peu de soutien dans les zones de surcharge touristique en raison des problèmes que vivent les résidents. En général, on peut affirmer que tous les Néerlandais ne bénéficient pas suffisamment
du tourisme. Il est important que les résidents soient activement inclus dans le tourisme« ( Joanna Bunker, Airbnb)
3- Co-créer une politique du tourisme
À tous les niveaux et dans tous les domaines du Pays-Bas, les résidents doivent être inclus comme copropriétaires de politiques touristiques locales, en plus des organismes gouvernementaux et des entreprises. Les intérêts communs conduisent chaque décision, afin d’aboutir à des résultats concrets et tangibles.
« Chaque municipalité devra impliquer se résidents dans la prise de décision, grâce à un processus le tourisme par co-création. »( Evert van Dijk, ‘t Gieters Belang)
4- D’autres bonnes raisons de changer : authenticité, expériences, information… Depuis quelques années, tout le monde sait que si les touristes ne peuvent se passer des « Incontournables » d’une destination, ils veulent aujourd’hui surtout vivre leurs propres expériences, uniques. En créant ces expériences, nous rechercherons l’authenticité et la transparence. Quand nous recherchons ces lieux authentiques, nous faisons moins confiance aux organismes du Tourisme qu’aux influenceurs.
« Les influenceurs sont de nouvelles sources d’informations, et nous nous retrouvons dans des communautés dans lesquelles nous partageons et créons nos passions et expériences les uns avec les autres« .
5- Choix des touristes Nous appelons des touristes de qualité ceux dont le profil diffèrera selon la zone d’accueil et devra être défini au niveau local (Voyageurs en groupes/individuels, Jeunes, Familles ,pays de provenance , etc )
– Développer et décourager : nous devons développer une offre de produits pertinente
pour ces touristes de qualité. De plus, nous devons être prêt à cesser d’attirer activement des groupes de visiteurs qui sont une nuisance ou n’ajoutent pas valeur suffisante. Ceci peut être réalisé en limitant les produits d’hébergement et d’animation visant ces groupes ou, si nécessaire, il faudra peut-être cesser de les accueillir, par le biais de nouvelles politiques et décisions municipales ou régionales.
Les OGD peuvent changer de rôle et établir des liens, assurer la coordination tant au niveau local que régional et être les partenaires d’entraînement sur un niveau national.
CONCLUSION :
Cette expérience est un tout début, mais prometteur. On a souvent vu, sur le long terme, la difficulté de gouvernances trop horizontales, les inévitable petites « prises du pouvoir » d’un groupe sur un autre, ou tout simplement la fin de l’expérience avec le départ de ceux qui l’avaient portée ( Ecomusées) et n’avaient pas su , sans doute, déléguer et trouver une relève.
Ce que j’aime bien, chez les Hollandais, c’est qu’ils sont prêts à tout, pour changer, et en particulier prêts à abandonner les propositions culturelles « classiques » de leur « entre-soi », prêts à ce que les habitants co-produisent, avec les pros du tourisme (autant dire un autre monde !) quelques offres qui les représentent tous, et qu’ils ont envie et l’espoir de partager avec d’autres. Le tourisme, pour eux, est avant tout une priorité politique, leurs big data en open source permettent à chacun un accès facile, (Cf. l’Alliance nationale pour les données , page «39) et les trois conditions de réussite sont, à mon avis, acquises ! Rendez-vous après la crise, pour voir la suite !

POUR EN SAVOIR PLUS :
⇒ITALIE ! Enfin, au sud de l’Europe,  les italiens commencent à adopter la démarche « habitants § touristes« , mais plutôt avec un esprit revendicatif et un peu grincheux, pour ne pas dire anti-touristes: ils ont l’espoir de ne plus s’occuper des touristes et de réserver l’offre aux italiens. Une sorte d’Italie aux italiens, de ras-le-bol de Venise envahie, bien, que ce mouvement  ce mouvement soit plus le fait d’une bourgeoisie fatiguée de ne plus avoir d’intimité avec ses biens culturels : Le maire de Bergame a déclaré : « La culture sert avant tout à aller mieux, pas seulement à attirer les touristes » et aimerait s’aller avec Brescia. ArtLab 20 Bergamo , présentée comme « plateforme italienne indépendante dédiée à l’innovation des politiques, programmes et pratiques culturels », s’est réunie du 23 au 26 septembre pour réfléchir au rôle de la culture dans la reconstruction, à partir de la ville italienne qui plus que d’autres porte les signes de l’épidémie.
♦Je  sens que le ministre du tourisme et de la culture, Dario Franceschini, va avoir du mal à les convaincre que le Tourisme, ce n’est pas seulement de l’argent, des retombées économiques, mais aussi un point de vue précieux, un autre regard sur ce que nous proposons et partageons dans chaque pays, de « commun », entre humains. Car ce serait vraiment dommage de garder pour nous seuls toute la culture de notre  pays! Je préfère donc les « solutions trouvées à un gros problème »; comme l’ont fait les Pays-Bas suite à la sur-fréquentation d’Amsterdam, plutôt que ce jet de pierre vers l’autre, le touriste, l’étranger…  Voir l’article ICI!A suivre!!!

PAYS BAS, TOURISME ET PERSPECTIVES 2030 :  LES AUTEURS sont si nombreux que cet ouvrage est réellement collectif (Voir notre superbe photo ci-dessous, copie écran de l’étude), et voici son lien:
https://www.nbtc.nl/en/home/vision-strategy/perspective-2030.htm
– NBTC est une fondation indépendante qui travaille avec un Conseil de Surveillance. L’équipe NBTC
– NBTC est une équipe  d’environ 70 professionnels, répartis dans tout le siège social et les succursales étrangères
L’équipe : https://www.nbtc.nl/en/home/about-us/team.htm
NBTC Holland Marketing
Prinses Catharina-Amaliastraat 5
2496 XD La Haye
Car postal 63470
2502 JL La Haye

 

 


KEN LE TOURISTE PARFAIT était un peu écrasé par tout ce beau monde, l’équipe NBTC!  Tous beaux, comme souvent aux Pays Bas, mais aussi très subtils et  avec une magnifique base de données « Big Data ». Il leur demanda combien ils la lui vendraient, pour son Business… « C’est gratuit, tout le monde peut en profiter, Open Source!« . Les néerlandais étaient, décidément, des dieux, pensa Ken, ce que confirma Barbie Chérie avec ses « preuves », comme elle disait :  « Le site web du Rijksmuseum a attiré quelques 15 millions de personnes pour 200 000 Rijksstudios personnels créés à ce jour. Ces derniers incluent presqu’un demi-million de collections personnelles. Plus d’1,3 million d’images ont été téléchargées pour un usage privé ou commercial, soit environ 1.400 par jour en moyenne. » Les sources de Barbie Chérie, qui datent de 2015,  ICI! 

Photo : Ken et son Idole Absolue, Martijn! Martjn Pronk, dans un bistrot à Paris, est l’homme qui a conçu la première collection entièrement numérisée d’un musée, en Europe, le Rijksmuseum d’Amsterdam: plus de 200 000 photos HD, avec lesquelles on pouvait créer, jouer, et  libres de droits! TOUTES LES OEUVRES DU RIJKSMUSEUM , le musée national des Pays Bas furent ainsi mises à disposition du monde entier! Le Rijksmuseum  Studio était né!