A Lyon, l’art fluidifie les déplacements des piétons! 


Les transports en commun de Lyon choisissent l’art pour fluidifier les déplacements piétons !

I- ARTS ET TRANSPORTS

Nombreux sont, depuis longtemps, les appels aux  artistes pour rendre plus attractifs les transports en commun ! La SNCF, les tramways et les  bus du monde entier , mais aussi les aéroports, gares ou les parkings, passent souvent commande à des artistes. Nous avons  diffusé de nombreuses expériences, grâce à ce petit blog .En voici une nouvelle !
Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de « faire joli ».  À Lyon, l’organisme local des transports urbains, le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise ) utilise des œuvres d’art pour guider et fluidifier les déplacements des piétons!

II- GUIDER LES PIÉTONS AVEC DES ŒUVRES D’ART ! La station de tramway de Perrache, sur la presqu’île, fait en ce moment une expérimentation pour que les piétons  repèrent plus facilement  leur trajet en se laissant guider par une œuvre d’art.
Une fresque a été réalisée par deux artistes locaux, Myet et Heta,, ci-dessus en photo,  pour attirer l’oeil et les pas des voyageurs du tramway vers un circuit sécurisé, destiné aux piétons, qui pourraient ainsi éviter d’errer un peu un peu partout . Car « sur les 18.000 voyageurs quotidiens, au moins 2.000 vont et viennent en marchant sur les rails du tramway. »
Cette œuvre est accompagnée par :
1. Une signalétique au sol et sur les murs
2. Une méthode : le Nudge (voir ci-dessous)
3. Une évaluation, par rapport aux objectifs de départ, de faciliter les travjets: les flux de passagers et leurs pratiques individuelles seront évaluées pendant six mois, et réajustées au besoin.
( Notre photo du bandeau  «Photo Sytral»)

III- LA MÉTHODE DU NUDGE POUR GUIDER ! Ce qui est intéressant, c’est que le Nudge est une méthode qui ne s’appuie pas sur la contrainte, l’autorité, la sanction, tout ce dont nous avons l’habitude quand nous circulons (Feu rouge, mais aussi, dans les gares, ces « voix off » qui édictent des ordres par haut-parleur, par flèches qui cessent souvent avant que l’on ait trouveur chemin, ou pire, avec ces barrières automatiques où vous avez toujours peur de rester coincés !)
On peut résumer la méthode, les objectifs et stratégies du Nudge pour aider à trouver le bon circuit:   faire comprendre de manière douce, sans menaces, sanctions, ordres ! (Nudge : « Coup de pouce »). Donc, par exemple, aider en  dessinant des pas sur le sol, ou avec humour (Photo pour aider à jeter ses mégots de cigarettes ailleurs que sur le sol).  Cette méthode avait déjà été utilisée à Lyon en 2017 pour lutter contre les incivilités par la SNCF et elle est aussi utilisée dans plusieurs villes pour améliorer la propreté ou la circulation mais elle est surtout utilisée pour l’économie, la politique par des comportementalistes pas toujours sincères, d’où de nombreuses critiques, peu justifiées pour le guidage, notre sujet aujourd’hui.
IV- COÛT DE L’EXPÉRIMENTATION DE LYON pour GUIDER AVEC des oeuvres d’art : L’expérimentation coûtera 60 000 euros, ce qui est peu sur les 800 000 euros d’un fonds d’innovation partagés entre Sytral et le délégataire de service Keolis. Et surtout elle pourrait des désordres qui coûteraient bien plu cher ! Par exemple, la petite mouche dessinée dans les toilettes des hommes de l’aéroport d’ Amsterdam, a, parait-il, fait chuter de 80% les frais de nettoyage, car les hommes ne visaient que la mouche…

CONCLUSION
I- LYON FAIT CONFIANCE AUX ARTISTES
En conclusion, cette expérience est loin d’être ponctuelle, car « L’initiative reflète la politique volontariste de l’autorité organisatrice des mobilités en faveur de la mise en valeur des artistes sur son réseau. » : trois tramways et un trolleybus sont déjà recouverts (covering del’artiste ASTRO, ci-dessous)  par des street-artistes ; quatre stations de la ligne A seront rénovées avec des artistes ; des expositions seront organisés sur les plateformes des arrêts , etc…

II- LYON a toujours renforcé les liens entre tourisme et culture ! Avec une excellente stratégie touristique OnlyLyon !
1- On se souvient des partenariats avec la danse, « Dance in Lyon », dans le chantier du métro. Le photographe Yanis Ourabah avait diffusé la performance de danseurs professionnels dans le tunnel du métro B avant la pose des rails sur le chantier de SYTRAL Mobilités, pour relier Oullins à Saint-Genis-Laval d’ici fin 2023.
2- Et les Livres ! La littérature avait aussi voyagé sur le réseau du tramway
Alors que les transports figurent parmi les lieux privilégiés par les lecteurs, SYTRAL (Fête du Livre de Bron et Festival international des Quais du Polar) pour véhiculer l’art de la littérature sur le réseau TCL. Des événements « book-crossing » organisaient la distribution gratuite de livres des auteurs dans les rames de tramway, invitant chacun à les feuilleter, lire ou (re)découvrir avant de les emporter, les échanger ou les transmettre.
En outre, SYTRAL Mobilités avait aussi installé des boîtes à lire dans les stations de métro Bellecour, Grange Blanche et Gare d’Oullins, pour offrir un moment de lecture aux voyageurs.

III- – AVANTAGE DE CES DES EXPOS DANS LES TRANSPORTS ? Quand les transports en commun se transforment en exposition mobile de street-art, ou guident des visiteurs par des œuvres d’art, cela a un triple intérêt :
faciliter l’accès l’Art,
– valoriser les œuvres locales
– faire confiance aux jeunes (15-25 ans, souvent grands oubliés des politiques culturelles locales comme « acteurs de la transformation d’une ville).

POUR EN SAVOIR PLUS
1- Ma source principale : l’article qui m’a inspirée : écrit, par Françoise Sigot l’article des Echos qui m’a inspirée : « Les transports en commun lyonnais misent sur l’art », 16 juin 2022, dont voici le lien : www.lesechos.fr/pme-regions/auvergne-rhone-alpes/les-transports-en-commun-de-lyon-misent-sur-lart-pour-fluidifier-les-deplacements-pietons-1413630

2- LYON, PLUS BELLE COLLECTION ÉPHÉMÈRE DE STREET ART EN FRANCE ? Dans le cadre d’un marché public, SYTRAL Mobilités a confié en décembre 2021 à un collectif de 350 artistes locaux et internationaux, le « Zoo Art Show » (graffeurs, calligraphes, peintres, photographes ou encore designers)le « covering » de plusieurs véhicules chaque année (Photo du trolleybus de la ligne C3 avec une oeuvre de l’artiste local Besss)
Depuis le 13 décembre 2021, d’une longue série, le véhicule est habillé d’une œuvre de street art créée pour SYTRAL Mobilités par, représentant un décor de jungle peuplé d’animaux exotiques.
Le 10 février 2022, lignes T3 et T4 du tramway : l’artiste Astro
Le 6 avril, le street artist Kongo, figure majeure de la scène française du graffiti, réseau TCL, T1 et T2.
– Photo du tram de JoneOne artiste Newyorkais (Auteur : DR/SYTRAL)Intitulée « Punishment », l’oeuvre a été réalisé sur la base d’un souvenir d’enfance, « lorsque ses professeurs lui demandaient d’écrire des lignes de punition répétitives (Source : Lyon : une nouvelle œuvre street art à découvrir sur un tram !

3 – Nudge :
www.fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_nudge
Bon article : « Pour une approche critique du nudge, de l’innovation urbaine à un urbanisme éclairé ? » [archive], sur Ausarchitect, 12 octobre 2019 . Voir plein d’exemples, www.ausarchitect.com/2019/10/12/pour-une-approche-critique-du-nudge-de-linnovation-urbaine-a-un-urbanisme-eclaire/

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Ken, parfois, se sentait tout petit…

KEN LE TOURISTE PARFAIT  hésitait, pour ses vacances, entre Lyon et Dijon! Entre la nouvelle Cité de la Gastronomie de Dijon et les transports  guidés  par des Street-artistes de Lyon,   où aller? Peut-être que l’on mangeait bien, aussi, à Lyon?  Barbie Chérie arriva en trombe dans la pièce: « Dis-moi, Ken j’aimerais aller à Lyon car il parait que  c’est la ville de France où l’on mange le mieux!« . Normal, répondit Ken, ce sont des femmes qui ont créé la gastronomie lyonnaise…

Patrimoines et leviers de développement des territoires

Les patrimoines et leurs nouveaux leviers collectifs – CESER Nouvelle AQUITAINE – 174 pages

Aujourd’hui je vous présente une magnifique étude, celle que l’on attendait depuis longtemps : « Les Patrimoines, leviers de développement des territoires » !Elle est magnifique car elle conjugue tous les points de vue : l’économie et les valeurs humaines, avec l’apport des outes dernières façons de penser l’accueil, comme celle qui efface la trop grande distance entre touristes et habitants.
Car si je deviens touriste dès que je dors « une nuit en dehors de chez moi », cela n’entame pas mes envies de connaitre un pays ou une ville grâce à des rencontres et des récits de leurs habitants.
L’étude concerne la Région de Nouvelle Aquitaine, particulièrement riche de diversités locales de tous ordres, et qui avait déjà engagé une réflexion collective sur les droits culturels (Rapport de 2019). Elle a été est réalisée à des fins d’aide et de conseils par le CESER, Conseil économique, social et environnemental dont la mission est d’aider les politiques des élus et leurs décisions en analysant les nouveaux enjeux sociaux et leurs conséquences économiques .
I-LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE L’ÉTUDE
1) LE PATRIMOINE EST SURTOUT UNE CONSTRUCTION SOCIALE, une sorte de marque des sociétés humaines, qui décident de ce qu’elles veulent protéger ou non.
2) Rappeler que la protection du patrimoine est récente, par rapport aux 20 siècles passés  : en France, ce n’est que depuis 1830 que les monuments historiques sont protégés ! Ce n’est qu’en 1943 que l’on ne construit pas à moins de 500 mètres de ces monuments pour en protéger les abords ; le « petit patrimoine « (Lavoirs, petits chemins ou moulins…) et le « patrimoine immatériel » – nos façons de faire, nos expressions, nos représentations…sont aussi des notions récentes (Années 1965-80 et 2003 pour le patrimoine immatériel).
3) Si le patrimoine naturel (Forêt et jardins) est de plus en plus attractif, le patrimoine historique ne correspond plus, ou mal, à nos attentes pour de nombreuses raisons, bien connues mais rappelons-en les principales :
a) Le déclin démographique de très nombreux villages, cœurs de villes en témoigne avec un déclin démographique et une paupérisation : absence d’emplois, de nouveaux projets donc les jeunes partent dans les grandes villes ;
b) La dégradation du patrimoine bâti est partout dénoncée ; les logements vacants se multiplient, accélérant cette dégradation
c) Les services manquent dans les villages et petites villes, qui perdent leurs commerces et services de santé de proximité, mais aussi ou leurs commerces au profit des hypermarchés et du e-commerce.

5 – PLUTÔT QUE DE SE LAMENTER sur ces menaces, l’étude propose que le patrimoine soit surtout considéré comme un levier de citoyenneté, et le travail de fond d’une région serait, en conséquence, de relier les territoires entre eux et de valoriser et faire connaître leur passé !
Faire découvrir et transmettre la connaissance des patrimoines par leurs habitants, les reconvertir (Tourisme) avec l’idée que ce travail sera collectif est positif. Le CRT (Comité régional du Tourisme) a ainsi décidé de s’appuyer sur 14 destinations bien « construites », socialement, reconnues pour leur sens auprès des habitants locaux (Page 44 du Rapport) . Les auteurs du rapport citent comme exemplaires les Oiseaux de Passage, que nous aimons beaucoup pour leurs nouvelles approches du voyage, qui doit valoriser ces rencontres et échanges entre habitants, professionnels et voyageurs!(Page 65). Ou encore Terra Aventura, qui, dans s un autre style, ose des approches centrées « insolites et ludiques », en gros « revues et corrigées » (page 125).
6- ACCOMPAGNER LES HABITANTS qui doivent être aidés pour devenir acteurs du changement, et donc connaitre les l’expérience de bonnes pratiques, les autres expériences réussies, un peu d’ingénierie pour des miss en réseau locales de leurs atouts et savoir-faire, et les bases de la communication pour promouvoir et faire connaitre leurs destinations.
Une méthode de travail, le développement de médiations, bref, tout ce qui pourra impliquer les habitants dans le processus de mise en valeur de leur patrimoine devrait être fait.

II-  LES 19 PROPOSTIONS ! Des chantiers bénévoles aux Tiers lieux,  en passant par les Chemins de Saint-jacquesde Compostelle, la démarche de développement doit profiter à tous les habitants Une liste très détaillée a été faite (impossible à résumer ici, deux pleines pages !  🙂
La MÉTHODE !


Voilà qui  changera nos pratiques depuis la création de fossés entre touristes et habitants, entre patrimoine « à visiter » et « récit des habitants  à écouter »; ou entre Offices de tourisme et habitants qui se barricadent dans leur jardin avec l’espoir fou que le projet du  gros hôtel quatre étoile ne se construira pas sur leur petite plage tranquille. « Un bel investissement qui créera des emplois!« , affirmait  encore le journal ce matin…

CONCLUSION   Le pari de changement de modèle « économique » est à mon avis compliqué, mais on sort enfin de cette « attractivité » à créer (Le fameux « Avec un ZOO, vous aurez 400 000 personnes ; avec un musée, 10 fois moins », pour caricaturer le tourisme industriel, qui a ses limites, côté rencontres ou autogestion des sites par les  habitants ! Et puis si la SCET, la Caisse des Dépôt et le CESER sont partants pour des modèles plus humains, j’imagine qu’ils ont sorti leurs calculettes pour calculer les investissements, pertes et profits !

♦Les méthodes à l’ancienne vont continuer, comme les Opéras cohabitent avec les Tiers Lieux, car tout n’est pas en « concurrence », seulement différent pour différents visiteurs et publics.. Mais l’arrivée de nouveaux acteurs, de nouvelles façon de repenser le tourisme, – une rencontre et pas une invasion – sont pleines d’espoir : il y en aura enfin pour tous les goûts, et toutes les bourses !

III- POUR EN SAVOIR PLUS
LE RAPPORT EST GRATUIT / il suffit de le DEMANDER ICI : contact@ceser-nouvelle-aquitaine.fr
« Les Patrimoines, leviers de développement des territoires » , Rapport d’autosaisine proposé par la Commission des Territoires et Mobilités
ISBN 978-2-11-167447-9 (version papier) et ISBN 978-2-11-167500-1 (version numérique).
Relire mon billet sur la SCET, assez complémentaire des projets du CESER, où on lisait « D’autres défis restent à relever pour accompagner les nouvelles aspirations des publics : faire converger les propositions à l’adresse des touristes comme des habitants, développer l’expérientiel et la qualité de visite, et parachever la révolution numérique à l’œuvre dans la filière / « Trois leviers sont identifiés pour réaliser le plein potentiel : premièrement, repenser une nouvelle génération de lieux culturels hybrides de qualité, s’adressant autant aux habitants qu’aux touristes. Deuxièmement, construire des modèles économiques plus diversifiés, résilients face aux crises et moins dépendants des subventions publiques. Troisièmement, inscrire la démarche dans le cadre de l’aménagement global et dans une dynamique de développement durable, pour passer de l’équipement monofonctionnel au quartier culturel, et permettre ainsi des valorisations croisées. »Le lien : www.nouveautourismeculturel.com/blog/2022/04/14/nouvelle-etude-culture-patrimoine-et-tourisme/
Caisse des Dépôts et Action Cœurs de Villes : au 31 décembre 2021, la Caisse des Dépôts avait engagé 66 millions d’euros de dépenses d’ingénierie (sur 110 millions prévus), qui ont permis de mettre en œuvre 460 missions d’expertise. Celles-ci ont déjà débouché sur 830 millions de prêts pour financer 269 projets. La Banque des Territoires a par ailleurs engagé 240 millions d’euros dans des projets d’aménagement (tiers lieux, commerces, cinémas…). Le programme Petites villes de demain est également bien lancé : 70% des chefs de projets sont en effet recrutés, soit déjà 540 postes sur 720 demandes. Leurs profils sont particulièrement prometteurs, puisqu’il s’agit de professionnels de haut niveau (bac +4 ou 5), très engagés dans le développement territorial et qui vont apporter une forte capacité d’ingénierie auprès des maires
♦QUELQUES LIENS www.francemuseums.fr/tourisme-culturel-nouveaux-usages-et-opportunites/
www.scet.fr/culture-patrimoine-tourisme-nouveaux-usages-nouvelles-opportunites
⇒Photo de la couverture du Rapport, et quelques petits tableaux. Design graphique : Kymzo.Design.

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KEN LE TOURISTE PARFAIT  venait de prendre un bain dans la magnifique piscine que Barbie avait faite  repeindre en rose. « Et si on invitait les voisins?  » demanda Barbie en apportant un magnifique  plateau d’apéritif! C’est fait! répondit Ken. Tu sais bien qu’aujourd’hui ont fait tout « avec ses voisins », Barbie. Donnons l’exemple! Barbie repartit en boudant, façon  « Mais je te veux pour moi toute seule! « . Parfois, Barbie n’était pas au top des pratiques hype, pensa Ken, mais elle était si parfaite!   

 

Vive les Corses!

En Corse, un grand travail est en cours depuis six mois pour parvenir à mieux gérer la surfréquentation de l’Ile à partir de cet été ! La Corse et ses habitants inventent  un nouveau tourisme, durable  et tranquille. Félicitations ! (Photo: le Golfe de Porto. Références en fin de billet).
Comme tous les sites magnifiques, la Corse s’attend cet été à une fréquentation record, vu l’afflux de réservations,  et ce que je trouve vraiment intéressant, c’est que les Corses prennent les devants pour éviter l’excès de visiteurs , ce qui est extrêmement rare. Pourquoi ?
Parce que, une fois installée, il est extrêmement difficile de faire retomber la surfréquentation touristique, comme de nombreux échecs l’ont prouvé à Amsterdam ou à Venise.
Les raisons de cette impuissance à freiner les arrivées touristiques sont évidentes, Venise en étant  un bien triste exemple :
1- Tout le pays, ou la région, la ville se sont enrichis grâce au tourisme, et ont déployé, en quelques décennies, un appareil touristique qui fait tout simplement très bien vivre les habitants;
2- Les collectivités ont aussi souvent beaucoup investi, emprunté, et il sera impossible de rembourser ces emprunts si le tourisme cesse.                                                                                                                                                                                 3- Enfin et surtout les compétences en « tourisme » (Finances et investissement ; marketing ; Hébergements, Transports, Commerces, Guides……) ont été développées, et trouver de nouveaux emplois (Remplacer le tourisme par d’autre entreprises, créer de nouveaux métiers) devient difficile car toutes les autres compétences, hors tourisme, ont très souvent disparu…

4- Le bilan de la surfréquentation est donc souvent désastreux : des sites naturels qui avaient échappé pendant des siècles à beaucoup d’autres désordres (guerres, exode des habitants, violences climatiques ou absence d’entretien d’un littoral…) sont détruits, à cause de quelques trop gros bateaux qui envahissent de petites baies et d’un surnombre de visiteurs que l’on subit plutôt que de pouvoir les accueillir tranquillement.

I- VENISE EN EXEMPLE : cette difficulté, une fois que le surtourisme est installé, est de détruire une économie et de la remplacer par autre chose, mais c’est très difficile, alors que prendre les devants en menant des études, en faisant un Rapport, en proposant des solutions avant l’installation pérenne de l’industrie touristique est donc possible, nous démontrent les Corses.
Commencer par réguler des flux et par trouver autre chose que le tourisme pour faire vivre une région ou une ville, Venise commence tout juste alors qu’Amsterdam fut plus  radicale : redonner la ville à ses habitants.(Voir nos nombreux billets sur ce petit blog, concernant leurs stratégies différentes).

II- COMMENT FAIRE?
Si j’ai aimé cette expérience, c’est aussi parce que les journaux que j’ai consultés montrent que les élus et l’organisme-pilote, l’OEC, disent comment ils vont faire, et parlent « méthode et objectifs »! Donc ce travail pourrait inspirer d’autres régions qui ont peur d’être envahies un de ces jours, voilà aussi pourquoi j’écris ce petit billet.
La Corse a commencé une enquête de terrain, a recensé des listes de lieux et sites prioritaires, et a commencé une forme d’analyse collective demandée par président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) . Un premier rapport a été remis sur ces bases à la CTC. L’exécutif a aussi vanté le modèle « basque », qui, il est vrai, a résisté aux abus du tourisme en Espagne comme au pays basque sur notre territoire.  Guy Armanet, n’oublie jamais de souligner le caractère exceptionnel de la nature en Corse qui doit être préservé et le poids de l’activité touristique dans PIB. (Guy Armanet est le président de l’office de l’environnement (OEC) qui pilote ce projet de lutte contre le surtourisme).
Trois sites –pilotes ont donc été choisis après réflexion :  l’archipel des Lavezzi pour la façade littorale, Bavella et Restonica, pour la montagne.
– Les premières actions, dès la saison 2022, seront consacrées à « repenser l’accueil sur ces territoires sensibles sous l’angle de la régulation des flux et de la promotion d’un tourisme durable ».
Voici quelques mesures, parmi les premières, qui souhaitent à la fois réguler et innover, avec de nouvelles formes de tourisme :
Pour l’ARCHIPEL DES LAVEZZI  , un premier constat souligne l’ampleur du travail à accomplir « En 1976, 400 passagers étaient transportés sur l’île Lavezzu. En 2021, la fréquentation est estimée à environ 290 000 personnes »,
– Des quotas annuels de fréquentation ont été calculés et à l’avenir l’archipel ne recevra que
– – 200 000 visiteurs au maximum entre 2022 et 2026 puis à
– 150 000 personnes maximum débarquant sur la partie terrestre dès 2026. En termes journaliers, cette fois, ils sont définis à hauteur de 2 000 personnes maximum qui seront reçues simultanément sur la partie terrestre de l’île (autorisation ou réservation), les résidents corses étant prioritaires sur les réservations.
Un plan d’actions pour la saison à venir a également été mis sur pied, dont un conventionnement avec tous les bateliers pour encadrer l’utilisation d’un nouveau ponton, et la création de zones « tranquilles » tranquillité, sur l’île, l’été en période estivale pour les espaces à « enjeux écologiques ».
Les visiteurs seront informés directement dès leur arrivée etune signalétique mise en place.
Tout constat de désordre ou d’infractions aux préconisations sera aussi sanctionné (Volume sonore ; drones ; comportements…)
Un dispositif de ramassage de déchets et papiers est aussi prévu (marché en cours) et « Des toilettes sèches sont à l’étude, a confirmé le président de l’OEC, il pour aller au bout de la démarche ».
La préservation des sites de nidification et d’apprentissage des oiseaux marins sera aussi intégrée et favorisée par les transporteurs du domaine public maritime et, par exemple, l’accès aux bateaux de plaisance et l’ancrage à l’intérieur d’un périmètre de 250 mètres autour des îles de Ratinu, Sperduti et Purraggia sera interdite
BAVELLA , en partenariat avec la communauté de communes de l’Alta Rocca fait  partie des lieux et randonnées surfréquentées et accidentogènes. Alors, toute une série de mesures sont aussi en cours, et « au moment où l’office estimera que le nombre de visiteurs a atteint ses limites, la barrière sera fermée ».
Des points d’informations sur des zones stratégiques, et une mutualisation des moyens humains entre la communauté de communes et l’OEC sont aussi prévus et les « stationnements seront réglementés afin d’orienter les flux vers des aires fléchées et structurées alors qu’un nouveau parking sera à disposition, sous gestion publique de la communauté de communes et grâce à un partenariat avec les propriétaires fonciers, avec l’idée d’en réguler la capacité d’accueil journalière. »
Tous les professionnels s’impliquent dans le projet : « Le syndicat des professionnels de pleine nature opérant à Bavellaa, qui a spontanément accepté de diminuer le volume de l’offre, soit une moyenne de 400 usagers par jour en moins par rapport à l’activité actuelle et quelque 1 000 personnes par jour, a joué un rôle déterminant », a salué Guy Armanet.
♦RESTONICA    a aussi un plan ambitieux pour gérer la basse vallée (partenariat OEC et Corti et l’ONF )
« Nous aurons gagné si nous arrivons à aiguiller les flux de manière différente ». Des relais pour informer, des stationnements surveillés, la mise en place d’une navette, etc…feront diminuer le flux de voitures sur la réserve naturelle massif du Monte Ritondu.
Prochaine étape annoncée  : le GR 20 où « nous aurons à nous projeter et interagir », a lancé le président de l’office.
Courage, vous allez y arriver et vos initiatives seront utiles à tous ! Et un grand Bravo pour ce bon départ!

POUR EN SAVOIR PLUS 
Mes Sources : lecture des journaux locaux car le Rapport n’est pas encore publié . merci à Anne-C. Chabanon et à son article du04 juin 2022 dans Corse-Matin, l’édition numérique, à qui j’ai volé ces très belles nouvelles pour vous les annoncer! (www.corsematin.com/articles/surfrequentation-touristique-mesures-durgence-des-cet-ete-en-corse-125776)
AUTRE ARTICLE de l’Echo Touristique : www.lechotouristique.com/article/surfrequentation-touristique-en-corse-des-quotas-aux-iles-lavezzi
Une vidéo : reportage de Marie-France Giuliani et Stéphane La Intervenants – Guy Armanet (président de l’Office de l’environnement de la Corse) – Pierre Ghionga (élu « Un soffiu novu ») – Anne-Laure Santucci (élue « Fà populu inseme ») – Serena Battistini (élue « Core in fronte »)lien vidéoyoutu.be/-YsJ4c5Ur5M
/france3-regions.francetvinfo.fr/corse/sites-patrimoniaux-naturels-l-assemblee-de-corse-adopte-un-rapport-pour-reguler-la-frequentation-2554968.html
Rapport sur l’évolution institutionnelle de la Corse 11 Octobre 2021 Réalisé par Wanda Mastor, agrégée des facultés de droit, professeur de droit public à l’université Toulouse Capitole Commandé par Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse (Marché n°2021JUR03) http://publications.ut-capitole.fr/45386/
Proposition de loi, adoptée par le Sénat, portant diverses mesures tendant à réguler « l’hyper-fréquentation » dans les sites naturels et culturels patrimoniaux, n° 2437 ( PDF) , déposé(e) le 21 novembre 2019 , mis(e) en ligne le 29 novembre 2019 à 18h00 et renvoyé(e) à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

• MES PHOTOS : en haut du billet : Ota France, le Golfe de Porto (Corse-du-Sud) et le Capo d’Orto (montagnes à droite). Le golfe de Porto, patrimoine mondial de l’UNESCO Photo de Jean-Pol GRANDMONT (4 avril 2008),CC BY 3.0,https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4401342
• Photo Affiche de l’exposition La Grande Bellezza -Au Palais Fesch à Ajaccio, 50 rue Fesch
Ouverte du 24 Juin au 3 Octobre2022, de 09:30 à 18:00.Palais Fesch –- Tel : 04 95 26 26 26 Site web : www.ajaccio-tourisme.com/agenda/exposition-la-grande-bellezza-au-palais-fesch-musee-des-beaux-arts/


KEN LE TOURISTE PARFAIT   était en Corse, tout content! Pas de « Ken Fuori »  écrit sur les murs, car les Corses, qui sont des gens sérieux, ne connaissent pas notre « Touriste Parfait ». Pas non plus de « Barbie, dehors! « , car les Corses, comme tous les gens raisonnables, ne peuvent imaginer que Barbie soit  autre chose qu’une poupée…Du coup, il appela sa Chérie : « Viens vite, Barbie, j’ai trouvé un paradis où personne ne t’embêtera ou ne se moquera de nous! Je viens te chercher à l’aéroport! ».